Faire des mains et des pieds 
est le meilleur moyen que j'ai trouvé
  pour moins me prendre la tête...

Tout a commencé par une enfance paisible
dans une cité minière de Moselle-Est dans les années 1970.


Avec la récession des années 1980 et la fermeture des mines,
la peur du chômage et de l'exclusion m'a amené à être...
poursuivi par les études ! 

Un bac de sciences en poche en 1988,

le passage sous les fourches caudines des places disponibles
à l'entrée des écoles supérieures et la pression familiale,
m'ont finalement conduit... en BTS Compta-Gestion !

Diplôme en poche, le jack-pot a été tiré...
par la banque qui avait financé mes études à crédit !

Embauché comme "guichetier-vendeur" en 1992,
j'ai fait ce qu'on m'a dit pour gravir les échelons :
du zèle, des heures sup non payées, des formations,
un Brevet Professionnel Banque en cours du soir (BAC+3)...

C'est ainsi que j'ai obtenu le titre et la fonction de
"Conseiller de clientèle", "Spécialiste des Marchés Financiers".
Un statut social et un métier a priori enviables...

qui m'ont conduit à mon premier "burn-out" en 1998 !



Rupture sentimentale, changement de lieu de vie,
changement de métier... la remise à plat fut totale !


Ma fuite m'a conduit en Haute-Savoie,
où j'avais des attaches amicales et familiales,
et des passions de montagne à assouvir.

Ma recherche d'emploi, d'abord en intérim,
  m'a poussé à reprendre ma vie professionnelle à zéro. 
En répondant à une annonce de "secrétaire commerciale",
j'ai atteri dans l'industrie du décolletage :
l'usinage de pièces métalliques en série.


Il y a des centaines de pièces "décolletées"
dans une voiture, un avion, une fusée, un missile,
mais aussi l'électroménager, l'électronique, la robinetterie...

Entre ateliers de production et bureaux, 
entre petits et gros clients, petits et gros fournisseurs, 

à la lumière de mes compétences économiques et financières,
j'étais au contact des tenants et des aboutissants de l'activité,
conscient des enjeux globaux pour l'entreprise et ses partenaires,

depuis l'approvisionnement des matières premières
jusqu'à l'expédition des produits finis.




Polyvalent, impliqué, efficace,
je suis devenu cadre-commercial d'une PME de vingt salariés.
Un poste à responsabilité, reconnu et bien rémunéré...
qui m'a conduit à mon second burn-out en 2004 ! 

Aujourd'hui, je dirais plutôt "coming-out" :
Je jouais le rôle qui allait avec mon costume,
mais ce n'était pas mon personnage !

En me posant la question de l'essentiel,
  en revenant à des considérations vitales, en lien avec la Nature,
le retour à la terre s'est imposé à moi comme une évidence.
Encore fallait-il avoir accès à la terre nourricière...



Le nomadisme m'a permis de cultiver la terre des autres.

Mon métier est devenu un mode de vie : "paysan itinérant":
"Le gîte et le couvert en échange du travail de la terre".

De 2006 à 2011, cette vie simple et sobre m'a suffit.
Outre la richesse des rencontres et les expériences variées,
cette façon d'être me laissait du temps pour lire et m'informer,
réfléchir, recouper les informations, analyser, méditer...

J'avais moins le sentiment de faire partie du problème,
davantage le sentiment de faire partie de la solution.


De quel "problème" faisais-je partie ?


"L'Homme Moderne",
enfant gâté des pays développés, 
dont le mode de vie, considéré par lui comme "un acquis",
transforme la Terre en désert
toxique et chaotique,
l'exploitation de la misère humaine, de l'Afrique à l'Asie,
faisant partie des moyens nécessaires à son train de vie.

Des prises de consience écologistes et humanistes
alimentaient alors mes remises en cause personnelles.
Evidemment. Et j'ai voulu changer le monde.
Naturellement.

Avec la collaboration d'amis sensibles à ces questions,
j'ai fondé l'association "Planète Mère" en 2005.

"Pour l'avenir et la santé de la Terre et des Hommes."

L'ambition était alors de mettre en marche un mouvement, 
induisant une remise en cause profonde de nos modes de vie,
la "Modernité" dont bénéficient 20% d'Humains au quotidien,
étant à l'origine de 80% des problèmes constatés.

Un an de militantisme m'a permis de constater 
que le partage équitable et durable du gâteau planétaire,
ce n'est ni pour aujourd'hui, ni pour demain !

Le changement qu'espère la majorité des gens en Occident,
c'est celui qui permettra de continuer à vivre comme maintenant.

Renoncements, efforts, contentement, simplicité, frugalité...
sont des mots honnis dans un monde matérialiste, 
où chaque individu s'identifie dès l'enfance à ses avoirs,
tandis qu'il jouit en toute innocence, au point de l'oublier,
d'une abondance, d'un confort et d'une sécurité matérielle,

dont il ignore volontiers les tenants et les aboutissants.  

Prendre conscience de cette réalité a été un choc pour moi.
J'ai regretté d'avoir sorti la tête du sable.

J'ai réalisé l'emprise sur la société de sentiments tels que
  la peur, la culpabilité ou l'impuissance. 

Des sentiments désagréables qui génèrent des besoins pressents :

- besoin d'être rassuré;
- besoin d'arguments de bonne conscience;
- besoin de coupables désignés pour exister en tant que victime;
- besoin d'artifices permettant d'espérer reprendre la main...

La satisfaction de ces besoins engendre un autre besoin :

le BESOIN de CROIRE

Croire en l'avènement d'un Sauveur permet de garder ESPOIR.
Encore faut-il que les miracles annoncés semblent crédibles, 
que le Salut envisagé paraisse probable aux yeux de la majorité.

Qui peut bien être LE Sauveur des temps modernes ? 

Le Gourou en Blouse Blanche, le Chercheur, l'Ingénieur, le Savant...


Finalement, toute "prise de conscience" effrayante et désagréable, 
  induit de nouvelles formes de dénis et de fausses croyances ; 
des croyances agréables, rassurantes, déculpabilisantes...

Comprendre à quel point un esprit apeuré peut prendre
des vessies technologiques pour des lanternes écologiques,
constater que des fables politiques, économiques et sociales,
psalmodiées avec ferveur par des gourous de la communication,
suffisent à forger des opinions et à suciter l'adoration,
a eu le mérite de me ramener rapidement sur terre.

L'atterissage fût brutal : j'ai vécu "le burn out du militant".
Ma désillusion était à la démesure de mes illusions du début.


Alors que je fulminais et j'enrageais
face à la crédulité complaisante de mes congénères,
une question a ouvert une brèche dans mon esprit agité :

"Et toi, où en es-tu de tes croyances et tes conditionnements ?"

J'ai alors épousé des pensées d'Einstein et de Gandhi :
"Aucun problème ne peut-être résolu,
sans changer l'état d'esprit qui l'a engendré",
et "changer le monde commence par se changer soi-même."


C'est à Karma Ling, un Institut Bouddhiste situé en Savoie,
que j'ai été accueilli en 2006 pour ma première "retraite d'hiver".
L'exploration et le défrichage de mon jardin intérieur,
notamment par la pratique de la méditation,
fait partie des outils qui contribuent à  mon évolution.

Le but, le sens, l'ambition d'une telle démarche ? 
Que l'état de mon esprit se remette au diapason de la Vie ! 

Une harmonisation qui implique une remise en question
de mon sens des valeurs et de l'ordre de mes prorités.   
Vaste chantier !

C'est finalement au pied du mur
que mes activités professionnelles sont sorties des potagers. 


Même en ayant poussé la sobriété à l'extrême,
la peau de chagrin m'ayant permis de vivre sans revenus
durant cinq années a fini par se réduire à néant.


Fin 2011, une rencontre providentielle m'a permis
de poser mon sac à dos et mon vélo en Ardèche méridionale.
La région m'était devenue familière au printemps 2008,
suite à un passage par l'association Terre et Humanisme,
et une expérience de vie de Robinson dans les Cévennes l'été.

En me sédentarisant chez Raymonde en 2012 aux Vans,
- une formidable octogénaire devenue ma grand-mère d'adoption, 
j'ai expérimenté l'autonomie en légumes (potager+poulailler),
en chauffage (coupe et stockage de bois récupéré),
en déplacements (le maximum à pied ou à vélo),
...
Et j'ai expérimenté les limites de ma démarche, 
et la difficulté à ne pas tomber dans les travers de la société !



Dans cet improbable équilibre sans cesse renouvelé,
"un pied dehors, un pied dedans"
les murs en pierres sèches, les constructions en bois,
la rénovation de bâtis anciens, l'isolation, la décoration...
ont révélé une âme de bâtisseur jusque-là ignorée. 


Concevoir et réaliser un bel ouvrage,
même sobre et modeste, à mon humble niveau,
est devenu "un moyen d'existence juste" pour moi. 

Fourbir l'usage de mes mains, appliquer l'esprit à la tâche,
mettre du coeur à l'ouvrage pour des projets qui font sens,
faire de mon mieux, chercher le beau sans oublier l'utile...
en plus d'être un gagne-pain respectable à mes yeux,
mes travaux d'artisan font partie de mon chemin d'accomplissement.

Ils m'offrent des satisfactions qui n'ont pas de prix : 
celles de mes clients !

D'un point de vue adminitratif, sur le plan social et fiscal,
je suis autoentrepreneur depuis 2009.
N° Siret : 51248031000014

Même s'il m'est toujours douloureux de constater où va le monde,
reconnaître les limites de mes propres exigences d'intégrité,

m'aide à accepter humblement mon impuissance à le changer.

 

Voir que je fais partie de la solution au guidon de mon vélo
autant que je fais partie du problème au volant de ma voiture,
trouve un exutoire dans une autre de mes activités : l'écriture !



Après neuf années de gestation et deux ans d'accouchement,
mon quatrième livre
est sorti en septembre 2016 :


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